| |
L'Église
Saint-Pierre et Paul
L'actuelle église de Plouër est massive
et trapue. Sa construction commença en 1703 sur l'emplacement
d'un édifice très ancien. Interrompus par la mort
prématurée de son fondateur, Pierre de la Haye,
les travaux ne reprirent qu'en 1780. Lors de la Révolution
il restait à édifier la tour de pierre qui devait
servir de clocher, mais le toit provisoire que vous voyez est
toujours en place !
Jadis l'église était entourée d'un vieux
cimetière avec des arbustes et des fleurs qui donnaient
à l'ensemble un air de recueillement et de poésie.
Le long des murs, à six mètres de hauteur environ
on distingue la litre aux armes du fondateur : les écussons
sculptés qui y figuraient ont été martelés
à la Révolution.
L'église a la forme d'une croix; elle est orientée
Est-Ouest.
La nef est très haute, elle comporte deux nefs latérales.
La charpente recouverte de lambris n'est pas visible. Dans le
choeur et les deux chapelles à gauche et à droite
on voit trois ensembles monumentaux : ce sont des retables,
motifs décoratifs en bois. Ceux de Plouër ont été
construits par des artistes de la région de Laval. Les
cloches anciennes ont été enlevées en 1793
pour être fondues. Elles ont été remplacées
en 1869 : elles donnent le do le ré le mi.
Quatre éléments
de l'église sont classés monuments historiques
:
La chaire, belle oeuvre de
sculpture en bois entièrement galbée.
Les trois retables.
Les trois gisants, pierres tombales du XVe
siècle provenant de l'ancienne église.
Le Lutrin où un aigle aux ailes
étendues menace un serpent.
Le retable central est le plus beau des trois.
Il abrite la statue de Dieu le Père, celle de Ste Ursule
et de Ste Margerite-Marie et celles de St Pierre et de St Paul,
patrons de l'église. La dédicace à ces
deux saints est toujours la marque d'une fondation ancienne.
Le retable de gauche, celui du Rosaire montre tout en haut la
Vierge et l'enfant Jésus offrant le rosaire à
St Dominique et Ste Catherine de Sienne. Au dessous, un tableau
représente la Vierge; St Joseph guide son fils et St
Clément, patron des marins, s'appuie sur une ancre.
Le retable à droite, dit de St Jean-Baptiste, montre
le saint revêtu d'une peau de mouton, Ste Margerite écrasant
un dragon et St Lunaire avec sa crosse. Au centre on voit St
Jean Etudes et Ste Margerite Marie, avec deux statues celle
de Ste Anne et celle de St Vincent Ferrier.
La
Chapelle de la Souhaitier
 |
|
La Chapelle de la Souhaitier
Vers 1650 existait, là où nous sommes,
une chapelle dédiée à la Vierge Marie si
ancienne que personne n'en connaissait l'origine". Elle
n'était plus en très bon état.
A cette époque le clergé catholique menait une
lutte opiâtre contre le protestantisme.
En effet un temple avait été élevé
au bourg de Plouër, sous le patronage des seigneurs de
la famille GOUYON LA MOUSSAYE. En 1664, soutenu par le roi Louis
XIV, l'évêque de St Malo réussit à
en optenir la destruction et le recteur de la paroisse, pour
remercier le ciel, décida de faire reconstruire la chapelle.
Au moment de la Révolution elle fut classée parmi
les biens nationaux et mise en vente; aucun acquéreur
ne s'étant présenté elle fut fermée
et abandonnée. En 1816 deux paroissiens l'achetèrent
et la vendirent à l'Eglise. Elle demeura utilisée
jusqu'en 1868 date à laquelle on jugea nécessaire
de la construire à nouveau.
La Chapelle mesure environ 100m2. Elle contient trois statues
: celles de St Joseph, de Ste Germaine Cousin et du bienheureux
Alain de la Roche. Les vitraux représentent la Vierge
Marie, Ste Anne, St Augustin avec Ste Monique et St Joachim.
Le panneau du fond montre la Vierge secourant un navire en perdition.
Ce site de la Souhaitier a toujours été le lieu
de rassemblement des famille de marins de la paroisse. La majorité
des hommes de Plouër étaient embarqués sur
les vaisseaux et frégates du Roi, sur les navires marchands
et sur les goélettes de Terre-Neuve. Avant les départs,
les marins venaient implorer la protection de la Vierge. Lors
des retours ils lui exprimaient leur reconnaissance.
Les fêtes du 31 mai, clôture du mois de Marie, du
15 août, l'assomption et du 3e dimanche d'octobre, le
Rosaire, donnaient lieu à des processions. La grande
Croix ouvrait la marche avec les membres du clergé, l'harmonie,
les chorales, les bannières, la statue de la Vierge,
les enfants de Marie en robe blanche et voile bleu, un doris
porté par des hommes avec à son bord de tout jeunes
enfants costumés, puis la foule des paroissiens et des
voisins.
La petite anse de la Souhaitier accueillait des bateaux arborant
le grand pavois.
Aujourd'hui les fastes d'antan ont disparu, mais on continue
à se réunir en cet endroit plusieurs fois par
an. Il y a des centaines d'années que l'on prie la Vierge
sur ce coin de terre des bords de Rance.
Le
Chateau de Plouër
Construit au XVIIe
siècle, il est la propriété de la
famille Magon de la Villehuchet depuis le XVIIIe; c'est
une propriété privée.
|

Le Château de Plouër
|
Le
Chateau de Péhou
Vieille forteresse féodale, rasée
fin XIVe siècle, réhabilitée partiellement
au XIXe siècle et complétée fin du XXe
siècle. La Chapelle du Chêne Vert porte la date
de 1776. Toutes deux sont des propriétés privées.
L'
allée couverte de Bel Even
D'époque néolithique, elle vient
de subir des travaux de restauration.
D'autres chapelles, chateaux, manoirs, malouinières et
belles demeures anciennes privées enrichissent le patrimoine
architectural de Plouër.
Les
sites inscrits
Le chateau de Plouër
avec ses abords et son parc. Propriété privée.
Les bords de Rance : Plouër, avec ses
16 km de berges sur l'estuaire de la Rance bénéficie
d'un cadre maritime très renommé.
La pointe du Chêne Vert : point de
vue magnifique, particulièrement remarqué lors
de balades en Rance, ou à partir de la rive droite (Mordreuc).
Propriété privée.
La pointe de Rigourdaine : elle fait face
au Mont Garrot en Saint Suliac et domine la Rance grace à
une structure géologique en quartzite unique.
La
roche de Lesmonts
"La roche de Lesmonts" et "la cotière
de Lesmonts" font partie d'un affleurement de quartz blanc
qui s'étend presque en ligne droite, sur 9 km de longueur
et 100m de largeur depuis Pleslin (emplacement des alignements
mégalithiques) jusqu'à "Rigourdaine",
"le Mont Garrot" sur la rive droite de la Rance et
la zone du menhir de Chable au sud est de Saint Suliac.
"La roche de Lesmonts" elle-même est à
l'altitude de 94 m. C'est le point géodesique le plus
élevé de la région. Par temps clair, et
en absence de végétation, on aperçoit la
baie de Saint Malo, le Mont St Michel et la côte du Cotentin.
A la roche, ne se rattache aucun souvenir historique connu.
Son nom, aujourd'hui orthographié "Lesmonts"
semble la forme moderne d'un mot très ancien écrit
"Laemon", "Lemon". Peut-être y retrouve-t-on
le mot breton "Les" ou "Ils" signifiant
"habitation" ou "maison-forte". De nombreuses
légendes sont liées à cette barre de quartz.
Les 65 menhirs de Pleslin auraient été jetés
là par des fées transportant ces pierres dans
leur tablier pour construire le Mont St Michel et qui, fatiguées,
laissèrent choir leur fardeau. L'abbé Manet évoque
dans un de ses livres un combat entre des dieux et des géants.
Gargantua serait enterré dans le Mont Garrot et le menhir
de Chable serait une de ses dents.
"La roche de Lesmonts" ou érussoir possède
dit-on la vertu de hâter le mariage des demoiselles qui
viennent s'y érusser, c'est-à-dire faire des glissades
sur leur culotte de baptème. Plus récentes sont
les légendes de Saint Suliac luttant contre les dragons
du paganisme ou se débarassant des ânes de Rigourdaine.
Une chanson de geste du 13e siècle à en partie
pour cadre le Mont Garrot et l'anse de Vigneux. Citons, pour
terminer, une chanson peu connue mais charmante de Théodore
Botrel :
"A Plouër" parmi la lande est un beau rocher?
ou les gars s'en vont par bandes souvent se cacher pour y surprendre
les filles qui parfois le soir glissent, laides ou gentilles,
de sur l'érussoir.

La Roche du Lesmonts
|